Registre national des refus : une inscription gratuite pour faire respecter sa volonté
En France, le consentement présumé signifie qu’une personne est considérée comme favorable au don de ses organes et tissus après son décès, sauf si elle a exprimé son opposition. Le registre national des refus permet de formaliser cette décision de manière officielle, gratuite et révocable. L’inscription aide à faire respecter une volonté personnelle et à réduire l’incertitude des proches dans un moment difficile.
À quoi sert le registre national des refus ?
Géré par l’Agence de la biomédecine, le registre national des refus enregistre l’opposition au prélèvement d’organes et de tissus après le décès. Il ne concerne donc pas le don du sang, le don d’organes du vivant ou les décisions médicales prises pendant la vie de la personne.
Lorsqu’un prélèvement est envisagé, les professionnels habilités consultent le registre dans le cadre prévu par la loi. Une inscription fournit une expression claire et traçable du refus. L’équipe de coordination hospitalière de prélèvement peut ainsi connaître la position de la personne sans devoir interpréter ses intentions ni s’appuyer uniquement sur les déclarations de l’entourage.
Consentement présumé ne veut pas dire absence de choix
Le consentement présumé ne retire pas le droit de s’opposer au don d’organes. Il définit le cadre applicable lorsque la personne n’a pas fait connaître son refus. L’inscription au registre est l’un des moyens les plus directs d’exprimer cette opposition.
Le refus peut porter sur tous les organes et tissus ou seulement sur certains d’entre eux. Il s’agit alors d’un refus partiel. Cette possibilité peut répondre à une personne qui distingue les organes des tissus selon ses convictions, ou qui souhaite limiter son opposition à certains prélèvements. La décision doit correspondre à une volonté personnelle, libre et éclairée.
Inscription en ligne ou par courrier : les deux démarches possibles
L’inscription au registre national des refus est gratuite. Elle peut être réalisée en ligne ou par courrier auprès de l’Agence de la biomédecine. La démarche officielle en ligne est accessible depuis la page dédiée de Service-Public.
Préparer les informations nécessaires
Quelle que soit la voie choisie, la démarche doit permettre une identification fiable. Il faut notamment renseigner ses nom et prénom, sa date et son lieu de naissance. Selon la modalité retenue, des justificatifs d’identité peuvent être demandés. Avant de commencer, préparez donc vos informations d’état civil exactes ainsi qu’un moyen de recevoir la confirmation de la demande.
- Déterminez si le refus est total ou limité à certains organes ou tissus.
- Vérifiez l’orthographe de vos informations personnelles.
- Indiquez une adresse électronique ou postale permettant de recevoir la confirmation.
- Conservez les éléments transmis ou reçus pendant la démarche.
Ce qui change entre le numérique et le courrier
La démarche en ligne convient à une personne qui peut effectuer elle-même les formalités et suivre la confirmation par voie électronique. L’inscription par courrier reste possible lorsque l’usage du numérique n’est pas souhaité ou ne convient pas. Il faut alors utiliser le formulaire mis à disposition par l’Agence de la biomédecine et respecter les indications de remplissage et d’envoi.
Le choix du canal ne modifie pas la portée de la décision. Dans les deux cas, l’inscription vise à enregistrer officiellement le refus de prélèvement après le décès. La démarche ne transfère pas la décision à un proche : elle formalise la volonté de la personne concernée.
Après l’inscription : confirmation, numéro de dossier et conservation
Une fois la demande traitée, une confirmation d’inscription est adressée par mail ou par courrier, selon l’option choisie. Ce document atteste que le refus a été enregistré. Il contient ou permet d’identifier un numéro de dossier, utile pour les demandes ultérieures.
Conservez ce numéro dans un endroit accessible, par exemple avec vos documents administratifs importants ou dans un dossier numérique protégé. Vous pouvez aussi le confier à une personne de confiance. Il ne s’agit pas de rendre votre décision publique, mais de faciliter une éventuelle modification, rectification ou annulation de l’inscription.
Penser à la transmission plutôt qu’au seul document
Informer un ou deux proches de l’existence de votre inscription peut éviter qu’ils découvrent cette volonté trop tard. Cette information ne leur impose pas de partager votre point de vue. Elle leur indique simplement que vous avez effectué une démarche, où se trouve la confirmation et vers quel organisme se tourner si vos données doivent être mises à jour.
Cette transmission pratique limite les recherches et les malentendus familiaux. Elle donne aussi à l’entourage un repère si l’équipe médicale doit recueillir des informations sur la volonté de la personne.
Les proches ne décident pas à la place d’une personne inscrite au registre. Leur rôle consiste principalement à rapporter ce qu’ils savent de la volonté du défunt et à échanger avec l’équipe médicale lorsque cela est nécessaire. La traçabilité du registre fournit alors un repère officiel aux professionnels habilités.
Modifier, rectifier ou annuler son refus à tout moment
L’inscription n’est pas définitive. Une personne peut modifier son refus, rectifier ses données personnelles ou annuler son inscription si elle change d’avis. La volonté la plus récente doit être prise en compte. Cette réversibilité permet d’adapter la décision lorsque les convictions ou la situation personnelle évoluent.
Trois situations à distinguer
| Situation | Démarche utile | Effet recherché |
|---|---|---|
| Changement d’adresse ou d’état civil | Demander une rectification | Maintenir un dossier identifiable et à jour |
| Passage d’un refus total à un refus limité | Modifier l’inscription | Préciser les organes ou tissus concernés |
| Changement complet de position | Annuler l’inscription | Retirer l’opposition enregistrée |
Le numéro de dossier conservé après l’inscription facilite ces formalités. En cas de perte, rapprochez-vous de l’organisme gestionnaire selon les modalités indiquées dans la confirmation ou sur la démarche officielle. Il ne faut pas supposer que l’inscription a disparu simplement parce que le document n’est plus disponible.
Registre, écrit confié à un proche ou refus rapporté : quelle différence ?
L’inscription au registre n’est pas l’unique manière d’exprimer un refus, mais elle est la voie la plus formalisée. Une personne peut aussi rédiger un document écrit, daté et signé, puis le confier à un proche. Ce document peut également être conservé dans le dossier médical. Si un prélèvement est envisagé, le proche doit pouvoir le transmettre à l’équipe de coordination hospitalière.
Lorsqu’une personne est dans l’impossibilité physique d’écrire, deux témoins peuvent attester qu’elle a exprimé son refus. Un proche peut enfin rapporter oralement la volonté du défunt. Ces solutions répondent à des situations concrètes, mais elles dépendent davantage de la conservation de l’écrit ou de la capacité de l’entourage à transmettre fidèlement la décision.
| Mode d’expression | Point fort | Vigilance |
|---|---|---|
| Inscription au registre | Refus officiel consultable par les professionnels habilités | Conserver la confirmation et le numéro de dossier |
| Écrit daté et signé | Solution utile hors inscription | Le document doit être retrouvé et transmis |
| Volonté rapportée par un proche | Permet d’exprimer un refus sans document | Les proches doivent connaître précisément cette volonté |
Le registre apporte une formalisation officielle, tandis que l’écrit confié à un proche ou la déclaration orale repose sur la transmission de la volonté. Ces modalités peuvent toutefois se compléter dans la pratique. Informer son entourage de son choix reste une précaution utile, quelle que soit la démarche retenue.
Cette information ne remplace pas l’inscription au registre national des refus. Elle donne aux proches les repères nécessaires pour faire connaître une décision personnelle et permettre aux professionnels de prendre en compte la volonté exprimée.



